Galvanisation des métaux.



" Lorsque deux métaux différents sont simultanément plongés dans un électrolyte commun, il apparaît entre ces deux métaux, une différence de potentiel électrique. Celle-ci se mesure en Volts (V) ou en millivolts (mV). Nous savons que la salive est un électrolyte de composition très complexe voisine de celle de l'eau de mer, dont le pH varie entre 6,3 et 7,3, et dont la température oscille autour de 37°C.
Lorsque dans la cavité buccale, des alliages ou des amalgames de composition différentes sont en présence, il apparaît parfois des différences de potentiels électriques entre deux pièces métalliques. Ces différences de potentiels (mesurées en valeurs relatives) peuvent atteindre 1500 mV et même davantage.
On attachait jadis peu d'importance à ce phénomène, sans doute parce qu'on ne concevait pas qu'il puisse constituer un facteur iatrogène ; mais, aujourd'hui, le développement des connaissances en physiologie et particulièrement en toxicologie des métaux a mis la questions des métaux prothétiques à l'avant de l'actualité.
Le même problème s'est posé en orthopédie et une nouvelle discipline en est issue : elle a pour objet la " biocompatibilité " des matériaux.
Les matériaux biocompatibles sont des matériaux que les cellules vivantes acceptent, donc ne rejettent pas. Les essais de ces matériaux peuvent aisément se réaliser in vitro en les mettant par exemple en présence d'ostéoblastes(pour les implants). "
" Les effets galvaniques dans la cavité buccale peuvent avoir deux types de conséquences nuisibles :
- la différence de potentiel peut par elle-même perturber le système énergétique du patient . N'oublions pas qu'actuellement, on admet que le potentiel de fonctionnement des membranes cellulaires est d'environ 45 mV (prix Nobel 1991). Or, durant le sommeil, le contact entre les mâchoires n'est pas fixe, et la plupart des gens accusent un très léger bruxisme, ce qui transforme alors ce courant continu de base en impulsions qui constituent des informations électriques perturbatrices. On voit ainsi apparaître des " blocages " thérapeutiques possibles. L'individu se perturbe énergétiquement et peut devenir rebelle à toute thérapeutique.
- lorsque deux métaux différents constituent une pile (pile de Daniel), l'élément le plus réactif (le plus électropositif) passe progressivement en solution en libérant des ions. Ceci n'est pas un phénomène propre à la dentisterie, mais il constitue une préoccupation majeure pour tous les électrochimistes et pour tous les ingénieurs métallurgistes. En art dentaire, ce phénomène peut induire une intoxication, une subintoxication ou une sensibilité allergique.
Ces deux phénomènes justifient amplement l'intérêt que tout thérapeute doit accorder aux phénomènes galvaniques dans la cavité buccale. "
" En ce qui concerne les phénomènes galvaniques, voici ce que nous dit l'électrochimie : il existe une échelle de potentiels d'oxydoréduction des métaux. En somme, chaque métal entrant en réaction libère un ou plusieurs électrons et ce phénomène s'accompagne d'une différence de potentiel (ddp) mesurable en mV. La firme Sargent (Chicago) a édité en 1963 une échelle à curseurs intitulée " Sargent Chemical Predictor " permettant de prédire quels sont les métaux aptes à se déplacer mutuellement dans leurs sels. Par exemple :
Zn" Zn ++ + 2 e- (+ 763 mV par rapport à l'électrode à hydrogène)
Si ce zinc est en présence d'un sel de cuivre, il va être mis en solution par le cuivre.
Cu" Cu++ +2 e- ( -337 mV E.N.H.)
Car un métal ayant un potentiel de réaction négatif va déplacer un autre métal dont le potentiel est relativement plus positif.
Nous savons qu'aujourd'hui 22 métaux sont utilisés en dentisterie (ainsi que deux non métaux, le Bore et le Silicium) : Le Béryllium (ou Glucinium), l'Aluminium, le Titane, le Manganèse, le Ruthénium, le Chrome, le Gallium, le Fer, le Cobalt, le Zinc, le Nickel, l'Indium, l'Etain, le Molybdène, le Cuivre, le Palladium, le Rhodium, l'Iridium, le Mercure, l'Argent , le Platine et l'Or.
On peut dire que tout métal situé dans cette échelle sera mis en solution par un métal situé plus bas. Mais cette échelle n'a rien d'absolu, car le pH et la composition chimique de la salive à certains moments de la journée peuvent fluctuer et modifier le potentiel d'électrode d'un ou de plusieurs métaux présents dans la cavité buccale. Des phénomènes de passivation temporaire ou de dépolarisation peuvent soit ralentir soit activer le processus.
Mais une chose est certaine, c'est que la mastication des aliments fait passer les couches d'oxydation (passivation) dans le tractus digestif où l'acide chlorhydrique gastrique contribuera à la mise en solution de ces oxydes métalliques finement divisés. L'état de surface obtenu par polissage ou par moulage n'a qu'une influence éphémère, de quelques jours tout au plus, sur les phénomènes de corrosion.
Un point important doit retenir notre attention : la métallurgie classique nous apprend que les phénomènes de corrosion sont aggravés par la présence d'impuretés contenues dans les métaux. Et tout métal joue, pour l'ensemble d'un alliage, le rôle d'impureté(....)comprenons donc bien qu'électrochimiquement parlant, les métaux composant un alliage jouent l'un vis-à-vis de l'autre le rôle de catalyseurs dans la réaction de corrosion, donc de passage en solution.
Les amalgames sont en quelque sorte des alliages réalisés à température ambiante. Le mercure, qui à cette température est liquide, est mélangé à de la poudre d'argent( avec un peu de cuivre, d'étain et de zinc). Les particules de poudre sont des agrégats d'atomes et il va de soi que leur dispersion dans le mercure laissera subsister bon nombre de ces agrégats. Il n'y aura pas de mise en solution totale de la poudre dans le mercure. Examinée au microscope électronique, une coupe polie dans un amalgame montre des agrégats bien différentiés de l'alliage mercuriel périphérique proprement dit. Chaque grain ainsi différentié va former avec le mercure alentour, une micro-pile avec mise en solution du métal le plus électropositif, c'est-à-dire l'argent, ou le cuivre, ou le zinc ou l'étain.
Mais si dans la cavité buccale, on place en plus une couronne en or, ou en or platiné, une nouvelle pile va se former entre le mercure et l'or ou l'argent et l'or. La situation devient plus complexe et il y a beaucoup de chances pour que le mercure passe en solution sous la forme soluble Hg++ . Ce mercure formera alors dans l'estomac en présence de l'acide chlorhydrique, du chlorure mercurique, c'est-à-dire du sublimé connu pour sa solubilité...et sa toxicité. Lorsqu'on nous propose des études montrant le passage du mercure dans le tractus digestif en raison des vapeurs émises par les amalgames, on commet une grave erreur, car c'est au niveau de la corrosion que le passage est le plus important. (Il n'en reste pas moins que, comme l'a montré le Dr Huggins, les vapeurs de mercure intoxiquent l'organisme, mais via le système respiratoire et non pas digestif, ce qui n'est pas en désaccord avec J.M.Danze, mais qui le complète, N.D.L.A.) Il suffit de reconstituer le système in vitro pour se rendre compte de la quantité de mercure passant en solution. Nous ne pouvons nous empêcher de croire que les fabricants d'alliages et de métaux dentaires mènent le jeu en entretenant le flou sous prétexte de conserver une méthodologie scientifique. " Extrait de l'ouvrage de Mr J.M. DANZE, " Le système Mora ", éd. de l'Ancre.

La première image associée montre l'importance des phénomènes de galavanisation, ainsi que leur dangerosité pour la dent elle-même. Il faut savoir que la corrosion d'un métal va entraîner une augmentation de son volume. Dans le cas présent,
( ouvrez l'image ), l'assemblage d'une couronne en or jaune, d'un amalgame et d'un pivot vissé, va provoquer un courant galavanique qui va corroder l'élément interne qui est ici, électronégatif. Son augmentation de volume a eu pour effet de provoquer la fracture de la racine dans le sens de la longueur, avec perte de la dent bien entendu! Les métalurgistes nous enseignent qu'à employer de l'or, il faut impérativement le placer en-dessous du métal électronégatif. Cela veut dire qu'ici, il aurait mieux vallu mettre l'or sous la couronne, quitte à la réaliser en métal non précieux.

La galvanisation des métaux en bouche, résultat du mélange de plusieurs types de métaux, autant les non précieux entre eux que précieux et semi-précieux, ou précieux et non-précieux, n'est pas une vue de l'esprit. Les métaux utilisés ou du moins utilisables en dentisterie, ne sont pas nocifs pris individuellement, toute raison gardée bien entendu. C'est le mélange des différents métaux qui va provoquer l'interaction et l'apparition d'une nocivité.

La deuxième image montre l'intrados, (l'intérieur ou face interne), d'une couronne en or, posée sur une molaire préalablement reconstruite avec un amalgame, je le rapelle, mélange à quantité égale d'une poudre faite d'argent, d'étain, de cuivre et de zinc, avec un métal liquide à température ambiante: le mercure. L'intrados de la couronne est totalement recouvert d'oxydes métaliques, responsables de cette coloration noire. L'importance de l'activité électrique est ici indéniable, est laisse présager des perturbations induites sur le ou les méridiens d'acupuncture associés à cette dent. Une fois encore, l'expression de ces perturbations dans le niveau physique ou physiologique, dépend de la capacité de régulation propre au système de l'individu concerné, elle-même assujettie à la gestion du stress de la vie courante. (Cette notion de stress est développée au chapitre de la dent relationnelle.) Ouvrez l'image.

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