PRESENTATION DU DECODAGE DENTAIRE

 

" Les dents ça fait mal quand ça vient, ça fait mal quand c'est là, et ça fait mal quand ça s'en va ! " Voilà une phrase que j'ai par trop souvent entendue et qui me laissait un goût amer dans la bouche quand à la finalité thérapeutique de mon activité de dentiste. Cette phrase m'a accompagné pendant les quinze années de ma recherche et m'accompagne encore quand la souffrance fait éruption dans la bouche d'un patient.

L'homéopathie et l'acupuncture m'ont facilement mis en contact avec l'évidence que la dent est en lien étroit avec l'ensemble de l'organisme, non seulement sur le plan de la circulation sanguine ou de la connexion nerveuse, mais également sur ce plan que nous décrit la médecine chinoise : la structure énergétique du vivant. Ainsi, ayant comme tant d'autres été interloqué par l'utilisation du mercure dans la confection des amalgames dentaires, je n'ai pas, contrairement à ces mêmes autres, été aussi alarmiste ou intransigeant. Je n'ai fait qu'appliquer avant l'heure le principe de précaution derrière lequel se réfugient aujourd'hui tant de dirigeants. Mais alors que nombreux sont ceux qui l'invoquent pour plonger dans l'attentisme et se dégager de toute décision, si j'ai refusé d'employer l'amalgame dentaire, j'étais par la force des choses obligé de rechercher comment faire autrement. Des " autrement ", il en existe des quantités innombrables, et seules les considérations économiques de rentabilité empêchent ou découragent ceux qui voudraient y avoir recours.
Je me refuse depuis de longues années à entrer dans la polémique du " plombage " sur le plan de la toxicité chimique, bien que les études faites dans le cadre du procès contre la firme Degussa à Tübingen (RFA) apportent de l'eau au moulin de ses détracteurs. J'ai eu entre les mains autant d'études qui montraient la non toxicité que la toxicité, mais se battre sur le plan des croyances n'apporte rien de très profitable à la santé. Pour moi, seuls les effets sur les patients, seule la réponse positive du vivant biologique, ont été et resteront les jalons de mes certitudes et le ferment de mes évidences. Je parle très longuement dans mon ouvrage " Un Être, des dents " de l'interaction galvanique des métaux dans la bouche pour ne pas vous en étaler des lignes et des lignes à l'intérieur de cet article. Si j'ai accepté d'écrire un article pour " Votre santé ", c'est pour parler de ce qui se cache derrière la dent et ses maladies ou ses malpositions dans la bouche de l'être humain. (Je précise être humain, car je suis en train d'étendre cette étude à la denture chevaline, avec des découvertes extraordinaires…)
Si la médecine chinoise m'a ouvert l'esprit à la globalité de l'être humain, l'homéopathie, au travers des textes de Samuel Hahnemann et des livres décrivant sa vie, m'a enseigné le mystère de la santé. Non pas qu'elle m'ait révélé le mystère du comment cela fonctionne, mais bel et bien enseigné que la santé est mystérieuse. La première attitude que j'ai adoptée avec humilité, a été de reconnaître ne rien savoir sur la santé et son maintien ou son équilibre, du moins rien de fixe et d'immuable. Je demeurais ainsi fidèle aux principes du Yi-King qui enseigne que tout est en mouvement et en évolution, et donc implicitement en involution par moment. Ce que je vois agir avec efficacité à un moment donné de mon exercice professionnel, n'est que l'aboutissement d'une phase de recherche et donc, le début d'une autre. Ainsi, au fur et à mesure de l'intégration de techniques de soins supplémentaires et différentes, toutes efficaces un instant avec infaillibilité, toutes à un moment m'ont montré leurs limites. Ainsi ai-je pu comprendre une chose capitale : la technique n'est rien sans un Être qui l'applique. Autrement dit, il m'a fallu un moment donné reconnaître les limites et l'impuissance du " faire " face aux possibilités incommensurables de l'Être.
Après avoir découvert avec étonnement et passion les travaux du Dr Orsatelli, après en avoir vécu au travers de mes patients la pertinence et la véracité, j'ai intégré dans ma pratique l'approche du Dr Caffin (Quand les dents se mettent à parler). Et petit à petit a émergé l'extraordinaire message que les dents, au-delà des douleurs, des abcès ou toute autre urgence, au-delà des mauvaises implantations, essayaient de nous transmettre. Un message venu nous révéler ce que notre inconscient ne savait comment nous crier, non pour le plaisir de la douleur, mais dans l'espoir de la guérison, simplement et naturellement en favorisant la prise de conscience. Conscience et inconscience ne sont que les réservoirs différenciés mais non séparés d'une même vie, celle qui nous anime et fait de nous ce que nous sommes en tant qu'être humain individualisé. Seules, connaissance et ignorance animent et colorent différemment ces deux aspects de notre intégrité.
Tout travail orienté vers la connaissance de soi, qui a pour objectif de voir se manifester les prises de conscience, oblige l'être humain à retrouver sa souffrance. Sur le chemin qui ramène à nos origines, à notre essence, la douleur laissée par les blessures de notre existence est le guide le plus sûr pour garder le sens à notre noble quête. Nul autre repère que la souffrance ne saurait avec autant de sagesse nous guider vers le meilleur de nous-mêmes. Et la dent a, avec ce chemin, une multitude de points communs : elle est, à l'image de notre intégrité, l'organe le plus dur du corps humain. Notre intégrité est l'entité la plus solide de notre individu, elle est le rocher sur lequel nous pouvons construire notre vie, fidèle à notre essence et non perdu dans notre existence. La dent manifeste de loin la douleur la plus intolérable parmi nos organes en souffrance, proche de la colique néphrétique. Ainsi en est-il, mais au silence, d'une perte d'intégrité, d'un éloignement de notre essence.
La dent entretient d'autres liens avec notre intégrité : elle sait nous ramener vers nos souffrances primordiales, originelles, comme d'autres techniques savent le faire. Mais la dent le fait naturellement, sans tromper. Bizarrement, la dent est faite de cristaux d'apatite et apatite vient du mot grec apatame qui veut dire tromper… C'est juste parce que le cristal naturel d'apatite ressemble au diamant, mais qu'il n'en a pas la valeur… marchande ! Pourtant, combien est grande la valeur de la dent dans la balance de la vie.
Je comprend aujourd'hui la réticence de certains et l'angoisse profonde des autres d'aller se faire soigner les dents. Je comprend aussi pourquoi jamais un enfant ou un adulte n'a hurlé ou n'a pleuré de peur sur mon fauteuil : il s'agissait d'un message inconscient, je veux dire naturel , qui s'échangeait entre nous. Il disait sans doute : " je vous accueil dans votre humanité et votre souffrance avec respect ". Mais ce n'est que depuis janvier 2001 que je mesure la portée de cette phrase !

La bouche de l'homme se divise traditionnellement en quatre cadrans, par la combinaison d'une division verticale entre droite et gauche et d'une division horizontale entre haut et bas. Si ce quadrillage de la bouche a une raison technique, (puisqu'il permet à tous les dentistes de la planète de savoir de quelle dent ils parlent à l'aide d'un simple numéro), il a aussi un sens dans le décodage tel que je le propose aujourd'hui, non pas en simple enseignement, mais en support de travail dans la connaissance de soi. Chaque cadran, en haut à droite, en haut à gauche, en bas à gauche et à droite, porte une spécificité relationnelle, organique ou énergétique du vivant. La langue portant elle le cinquième élément propre à cette organisation de la vie sur ce chiffre. En dynamique, c'est le trois qui schématise ou symbolise le vivant. En statique, dans l'Être, c'est le cinq. Selon le niveau de lecture de la bouche, niveau choisi en fonction de la demande d'aide du patient, on va accéder à différents aspect du vécu : biologique, énergétique, généalogique et relationnel. La bouche se présente comme une extrémité relationnelle de tout premier plan, non seulement en simple organe destiné à recevoir la nourriture et à émettre des sons, mais sur le plan de la relation humaine au sens le plus large.
L'être humain peut s'appréhender sous l'aspect relationnel, activité qu'il remplit à chaque instant de sa vie. Ainsi est-il en relation avec lui (ici entendu sous le sens de moi), avec la terre, avec les autres, avec le ciel et un cinquième axe qui peut se qualifier de spirituel (ou de relation à Soi). Les pieds sont l'extrémité relationnelle à la terre et porte une relation organique et énergétique au reste de l'organisme. Les mains sont l'extrémité relationnelle aux autres et portent elles aussi une somatotopie. Ainsi en est-il des dents dans l'axe relationnel à Soi. La bouche regroupe tous les niveaux relationnels de chaque axe et tout dépend donc du niveau de lecture que l'on applique. Quoi qu'il en soit, la dent se révèle comme porteuse de ce qu'on peut appeler un conflit relationnel placé dans l'inconscient, parce que trop violent lors du vécu. C'est comme si le filtre psychologique avait été dépassé et, en faisant comme un court-circuit, il avait laissé l'information douloureuse s'installer dans le réservoir de l'inconscient. L'ensemble des informations portées par les dents sont essentiellement des mémoires d'avant la naissance et des deux premières années de la vie. Puis, les caries ne viennent que révéler des conflits réactivés. La thérapie dentaire idéale vise donc à traiter ou à accompagner l'individu dans la résolution de ce conflit et à soigner la matière dentaire sur cette énergie rétablie.
Du fait de cette importance, il n'est plus nécessaire de se demander pourquoi l'amalgame ou pas. Il convient, simplement dirais-je, de travailler en conscience et avec respect sur cette matière si particulière qu'est le tissu dentaire. Dans le raisonnement le plus osé que l'on peut énoncer, on peut faire appel à la légende des alchimistes qui transmutent le métal en or. Autrement dit, trouver comment transformer le nocif de l'amalgame en or pour la santé. Mythe ou légende ? Comme je ne suis pas alchimiste, je ne peux qu'ôter l'obturation métallique quand cela gêne l'écoulement de la vie, quand cela gêne l'équilibre énergétique, quand cela semble être un bouchon sur les canaux subtils qu'emprunte la force de la transcendance. Quand bien même cette force se moque de la matière, notre croyance peut demander un acte dans cette même matière. De toute façon, il y a moyen de faire autrement, alors pourquoi s'en priver ? D'autant que nombreux ont été les patients qui m'ont témoigné des changements ressentis en eux et dans leur vie par la simple dépose d'un amalgame.

S'il est, selon moi et à l'heure actuelle, une motivation noble d'ouvrir la bouche de mes patients, c'est dans cette aide thérapeutique du relationnel humain que je la trouve. Certes, soigner la matière dentaire reste une obligation pour enraciner dans l'organisme vivant l'information de guérison. Aussi parce que l'équilibre buccal, notamment l'équilibre occlusal, (l'occlusion dentaire étant la façon dont se rencontre les dents du maxillaire inférieur et celles du maxillaire supérieur), symbolise cette rencontre du masculin et du féminin intérieur. Et que de l'adéquation de cette rencontre dépend l'équilibre de toutes les manifestations relationnelles humaines. Et il semble que ce soit l'équilibre tant de la rencontre des deux maxillaires que des mouvements relatifs des deux arcades dentaires qui puisse garantir cette même rencontre et dynamique au sein de notre être. Chaque unité dentaire va se présenter comme reliée à une qualité profonde, une ressource vivante. Il est donc primordiale d'en écouter les maux, de laisser s'exprimer les mots pour que la souffrance soit placée en lumière et que la guérison puisse s'opérer.

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