De la dentisterie à l'homéopathie.



Si l'homéopathie est une aide merveilleuse pour la dentisterie, il est encore plus extraordinaire de se rendre compte de ce que la dentisterie peut faire pour l'homéopathie. Non pas que l'homéopathie ait attendu un dentiste pour enfin s'exprimer, mais plutôt dans le sens de la dentisterie au service de l'homéopathie.
Il y a des années de cela, même si l'amalgame dentaire a vu le jour au début du vingtième siècle, il n'y avait à cette époque et encore moins à celle de Hahnemann, autant de sources polluantes qu'à la nôtre. Outre les pollutions atmosphériques, les pollutions alimentaires dues à l'industrialisation de la fabrication des aliments, les pollutions vaccinales croissantes et surprotectrices, il convient de prendre en considération les pollutions métalliques introduites en bouche par la profession de l'Art dentaire.
Sans aucunement vouloir relancer ou alimenter la polémique quant à la toxicité des amalgames dentaires, je suis néanmoins tenu de considérer toute intrusion d'un corps étranger, non pas sous les projecteurs de la chimie, mais bien selon les données de l'homéopathie.
Ce que Hahnemann nous a appris au travers de sa médecine, c'est qu'un homme sain va développer des symptômes sous les effets d'une substance, s'il y est sensible. La sensibilité, sous l'aspect homéopathique, est abordée sous le chapitre des constitutions et des diathèses. Par exemple, il est fortement déconseillé de donner du fluor pondéral à un individu dont la famille constitutionnelle est justement celle du fluor : il y est sensible et sera donc aggravé. Le diathèse luétique renferme quant à elle des sujets sensibles à l'action du mercure. Exposer ces sujets, même à de très faibles quantités, va faire apparaître des signes et symptômes de ce qu'on nomme une intoxination.
De ce premier point de vue, il paraît alors évident que si un homéopathe tente de ramener un individu vers l'équilibre de santé et qu'il remarque au mieux des rechutes, au pire des blocages, il convient à ce moment là d'adresser le patient au dentiste afin qu'il soit procédé au remplacement des obturations dentaires. Toute fois, il ne faut pas mésestimer le potentiel réactionnel de ces sujets, et le fraisage des amalgames doit se faire avec prudence et méthode.
Bien que le terme reste assez obscure, ce que les homéopathes nomment des barrages, et qu'ils ont l'habitude de lever avec des draîneurs ou des isothérapiques, prend souvent corps sous l'aspect d'une foule de métaux mélangés dans une seule et même bouche. Les amalgames eux-mêmes, selon leur époque de fabrication, leur mode de trituration, de mélange, (car rappelons qu'un amalgame dentaire résulte du mélange d'une poudre faite d'argent, de cuivre, d'étain et de zinc avec un métal liquide à température ambiante : le mercure.) vont se comporter différemment et présenter des proportions d'alliages et des types d'alliages différents. A côté de ces métaux, on trouve de l'or, du nickel, du cobalt, du chrome,… En tout, pas loin d'une vingtaine de métaux différents, employés par les chirurgiens dentistes afin de reconstruire ou remplacer des dents.
Hahnemann lui-même en conviendrait : sans avoir débarrasser une bouche de tous ces mélanges, il doit être très difficile de distinguer l'acquis de l'inné, de différencier la nature propre du malade de ses réactions parasites. C'est alors qu'une dentisterie, non pas écologique, mais simplement en accord avec le bon sens, celui que peut cultiver en nous l'apport des connaissances métallurgiques, qui depuis bien longtemps connaît les problèmes du plurimétalisme, cette dentisterie là se met au service de l'homéopathie et par là, au service de la santé, de la vie.
Et lorsque l'on ouvre une matière médicale à la page de Mercurius Solubilis, par exemple, car il y a aussi un Mercurius Corrosivus, un Cyanatus, un Dulcis, et que l'on prend connaissance de l'ensemble des signes qu'il peut provoquer, de la multitude de symptômes qu'il peut induire chez un être sain, de la multipolarité de son action, alors on ne peut qu'être extrêmement prudent quant à son emploi. La recherche de signes de toxicité sous l'œil de la chimie peut ne rien donner quand les doses libérées sont de l'ordre du millième de gramme. Cependant, on ne peut se permettre d'oublier qu'Hahnemann a réalisé nombre de pathogénésies en utilisant des doses diluées à l'extrême des produits dont il voulait connaître les effets sur l'homme sain. Ceci étant, on ne peut alors prétendre que le mercure relargué par les amalgames soit sans danger, quand bien même il ne s'agit pas d'empoisonnement.

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