PREPARATION DU PATIENT A LA REPONSE HOMEOPATHIQUE.


Lorsque j'ai débuté mon apprentissage de l'homéopathie, je n'étais alors qu'en quatrième année de faculté, j'entendais parler de barrages et de blocages aux traitements. Mais nul ne savait me dire autre chose que " ce sont les cas rebelles à l'homéopathie " ! Bien entendu, j'eus vite fait d'en rencontrer dans ma pratique. Après m'être assuré de ne pas avoir commis d'impair dans le choix du remède prescrit, je me suis mis en quête d'une autre réponse.
Il m'est rapidement apparu, malgré le relatif silence de Hahnemann face à ce que je pressentais, que l'évolution et des techniques de soins et des conditions de vie modernes, favorisait ou aboutissait à imprégner l'organisme humain d'un brouillard toxinique, au travers duquel la perception de la réaction individuelle était impossible, autant que l'expression du pouvoir curatif des remèdes homéopathiques empêchée. L'intuition de la nécessité d'un nettoyage me mena à découvrir la notion de drainage et de barrages, chacune associée à une technique dite préparatoire.

A.] Aspects cliniques

1.) Les draineurs.
La première qui apporta quelques satisfactions fut l'utilisation de draineurs homéopathiques. C'était comme si, pour permettre à la lumière homéopathique de transmettre son information, il avait d'abord fallu débarrasser l'organisme de toutes les toxines qui opacifiaient l'ensemble des cellules. Rapidement, je me suis aperçu de deux choses :
- la première fut de constater que souvent, un simple drainage permettait, dans le champ d'action de mon métier, d'obtenir l'amélioration voir la disparition des symptômes. De là j'en conclus que la gencive était un émonctoire de l'organisme et que les symptômes qui s'y manifestaient n'étaient autres que des signaux de surcharge toxinique.
- la seconde fut de remarquer qu'effectivement, dans les cas où les symptômes persistaient, la prescription du même remède qui n'avait jusque là donné aucun effet thérapeutique amenait cette fois-ci une amélioration. Parfois, il se présentait un autre remède qui ne s'indiquait pas avant le drainage, comme si les véritables signes du remède pouvaient désormais se manifester.
Voilà pour les premiers événements qui me menèrent à approfondir mes connaissances du mode de réponse que pouvait fournir un organisme à l'action d'un remède homéopathique.

2.) Les barrages.
Puis survinrent de nouveaux " échecs ". Les draineurs semblaient échouer dans certains cas particuliers. Les premiers échecs me furent bizarrement confiés par des médecins homéopathes qui me demandaient de regarder dans la bouche des patients s'il n'y avait pas là motifs à barrage au traitement subtil des remèdes. Or à l'époque se développait parmi les dentistes dits énergéticiens la grande campagne de sensibilisation à la présence du mercure dans les amalgames dentaires et la possible nuisance de ce composé sommes toutes toxique à l'état brut et partout ailleurs que dans la bouche de nos patients ! Excusez-moi pour cette boutade...
Je ne vais pas m'étendre ici sur la toxicité ou la non-toxicité du mercure dans les amalgames dentaires. Je ne m'étendrai pas non plus sur les supposés modes d'intoxication possible à partir de ce type de matériaux. Si vous désirez poser des questions à ce sujet, nous pourrons y consacrer quelques instants à la fin de l'après-midi, pour peu que ceci soit important dans la pratique de votre médecine. J'y répondrai alors bien volontiers, à l'aide non pas des croyances ou des certitudes de la multitude d'auteurs qui se sont épanchés sur le problème, mais à l'aide de mes propres observations et expériences. Encore que même là, mes certitudes et mes croyances me font certainement voir les faits sous une lorgnette focalisée et m'empêchent, je l'avoue humblement, d'aborder l'expression du phénomène dans sa globalité. Mais j'aurais été pour le moins honnête dans mes réponses et sincère dans mes limites.
Bref, il s'est alors avéré que la dépose d'un amalgame dentaire ciblé, c'est-à-dire choisi selon une méthodologie particulière, bien plus complexe que celle qu'il faut suivre pour le mettre en bouche, cette dépose donc, pouvait amener à la guérison sans récidive des symptômes qui avaient amené le patient à consulter son médecin. C'étaient là, les cas les plus parlants. Dans le reste des cas, il y avait soit espacement des crises pathologiques, soit rémission après nouvelle prescription homéopathique. Sans rien supposer d'autre que ce que les faits ont montré, les amalgames dentaires semblent dans certains cas opposer une résistance au traitement homéopathique. Comme si, sur les voies qu'emprunte le courant de guérison, ces amalgames constituaient des obstacles infranchissables. Hypothèse ou réalité ? Disons... image, tout simplement...
La grande majorité des cas d'influence de la présence d'amalgames sur la santé se placent dans les troubles du carrefour aéro-digestif. Je ne compte plus les cas d'angines répétitives disparues après un nettoyage en règle de la bouche. Les rhinites, les troubles digestifs et quelques cas cutanés se sont également manifestés. Bien entendu, quand on parcourt la pathogénésie de Mercurius, on comprend aisément l'importance que peut avoir la présence et le relargage même infinitésimal de ce composé dans un organisme sensible ou sensibilisé. Mais de là à dire que les plombages rendent les porteurs malades, il y a un pas que je ne franchirai pas. Dans la santé et la compréhension des phénomènes qui en assurent l'équilibre, il n'y a pas de systématisation possible. L'homéopathie nous apprend au moins ça !
Comprenez bien et j'insiste sur ce point, il ne faut envisager la dépose des amalgames dentaires que dans les cas où un traitement conduit dans les règles de l'art semble buter sur un obstacle. Alors et seulement à ce moment là, il convient d'envisager cette possibilité. Car, bien avant la possible toxicité des amalgames, il faut d'abord s'assurer de l'innocuité des traitements dentaires effectués, c'est-à-dire, s'assurer qu'aucun acte hyatrogène n'a été commis. Un traitement de racine non complet, créant un granulôme inflammatoire ou un kyste est bien plus dommageable qu'un amalgame sur la même dent.
Encore plus dommageables sont les obturations, et malheureusement elles sont alors le plus souvent à base d'amalgame, qui débordent de la dent et plongent dans la gencive au niveau du sulcus, cet espace en pointe entre deux dents. La réaction inflammatoire peut être vive ou chronique et donc ne pas entraîner de consultation spécialisée. Le patient se plaindra de saignements de gencives et sera classé à tort dans les gingivo-stomatites. Incriminer le matériau est alors une erreur, car seule la technicité du dentiste est à mettre en cause.
Nous voyons donc que le phénomène toxique des amalgames est pour l'instant plus qu'énigmatique. Cependant, si je m'astreint à n'observer que les résultats de mon expérience, il apparaît comme une évidence la différence de réponse entre un organisme délesté des obturations à l'amalgame et un organisme dont la cavité buccale brille d'éclats métalliques. De là l'intérêt pour la notion de plurimétalisme.

3.) Le plurimétalisme.
Le plurimétalisme s'obtient en introduisant dans la bouche plusieurs matériaux de compositions différentes qui, une fois plongés dans le milieu salivaire et sous l'effet de sa salinité, vont créer le phénomène d'éléctrogalvanisme. Des éléments ioniques vont passer en solution, être ingérés ou passer directement dans la structure osseuse et par là dans le sang. L'autre aspect est la circulation électronique engendrée par le phénomène : il y a un véritable courant électrique qui se produit. L'influence de ce courant sur les échanges intercellulaires est désormais sans conteste. On ne conteste que le fait de la nocivité des micro-courants buccaux.
Or, il a été démontré par un prix Nobel que les premières informations entre les cellules nerveuses avaient lieu à des potentiels de l'ordre de 42 mV. Mesurer des courants galvaniques de l'ordre de 400 mV est chose courante dans une bouche multi-obturée. Que penser de la compétition entre des champs électriques dont l'un est dix fois supérieur à l'autre, à une distance d'environ deux centimètres? Que penser des efforts techniques demandés aux électroniciens lors de l'assemblages des composants électroniques et la nécessité des blindages afin que l'activité de l'un ne gêne celle de l'autre? Pourquoi en serait-il autrement dans le corps humain?
N'oublions pas non plus que les dents sont posées tels des relais sur le circuit des méridiens d'acupuncture, lequel gère des échanges au niveau électrique. Alimenter un tel circuit avec une pile buccale va l'obliger à compenser. Et s'il y arrive dans sa jeunesse, qu'en sera-t-il lorsque les années auront amoindri sa capacité d'adaptation? (Se reporter aux pages d'acupuncture et au galvanisme)
Il convient donc de rechercher de tels phénomènes dans la bouche d'un patient qui ne répond pas à une thérapie homéopathique alors que tout le laissait prévoir.

4.) L'occlusion.
La position équilibrée de l'occlusion dentaire semble jouer un rôle très important dans la circulation de l'énergie, véritable flux informatif entre les différentes parties de l'organisme ainsi qu'entre les différents étages. D'un point de vue purement dentaire, une bonne occlusion dentaire est garante de la bonne nourriture du système parodontal. L'absence de chocs occlusaux ainsi que l'absence de déséquilibres dans la rencontre des deux maxillaires va permettre une irrigation optimale du tissu parodontal et donc son maintien en bonne santé. Il est exceptionnel si ce n'est impossible de rencontrer une pathologie du stoma dans des conditions idéales d'occlusion dentaire. Le concept dépasse de loin l'équilibre fonctionnel et mécanique. Certes, des tensions se font jour, dans le cadre d'un déséquilibre, au niveau des ATM et des ligaments attenants, influençant l'ensemble du système ostéopathique et rendant par là même impossible l'obtention d'un équilibre de santé à long terme.
Mais, l'important ne se situe pas dans une étude purement dentaire du système. Mon expérience personnelle, débutée sur des concepts descriptifs de médecine orientale, m'a permis de vérifier l'importance d'une activité mécanique équilibre du système mandibulaire et du complexe occlusal qui en dépend. La remise en fonction de l'articulation temporo-mandibulaire ou ATM, amène le système homéostasique du patient sur la voie ouverte de l'équilibre. C'est réellement comme si une sorte de pompe était remise en fonction qui permet ou simplement coopère à la distribution de l'information thérapeutique telle celle que véhicule l'homéopathie. (se reporter aux pages "dents et structure")

B.] Aspects radiologiques.

L'étude d'un cliché panoramique est une aide non négligeable bien qu'aucun diagnostic ne puisse être posé sur cette seule étude. Le panoramique dentaire permet d'apprécier l'importance de la présence d'amalgames dentaires et la qualité de l'os autours des dents concernées par de telles reconstructions. Il permet de visualiser les zones périapicales douteuses, les éventuels kystes et l'état de structure de l'os alvéolaire dans son ensemble. Il permet de relever les migrations dentaires résultantes d'extractions non compensées, lesquelles permettent aux dents postérieures de se " coucher " en avant et de ce fait, perdant de leur hauteur, de provoquer une modification hyatrogène de la hauteur d'occlusion.

Si un cliché panoramique permet une observation d'ensemble, les clichés radiologiques unitaires, dits rétroalvéolaires, permettent d'accéder aux finesses de structure. Il est étonnant d'observer les modifications des travées osseuses autours d'une dent porteuse d'une obturation métallique fortement électrique. Il est encore plus étonnant de voir les choses s'arranger en "éteignant" cette centrale électrique! Loin de vouloir ou même de prétendre expliquer les choses, surtout afin de convaincre, il est suffisant de les observer, d'observer les réponses du corps humain à des conduites thérapeutiques, quand bien même les données de la science ne permettent pas de les expliquer. La terre n'a pas attendu Galilée pour être ronde…

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