La santé, reflet de l'équilibre relationnel.


INTRODUCTION



La pratique de l'homéopathie, l'étude des lois de l'acupuncture, la prise de contact avec l'ostéopathie et dix années de mise en pratique de la synthèse de ces données au sein de mon exercice professionnel, m'ont amené à poser sur l'individu et sa santé un regard nouveau.
Rejetant petit à petit la culpabilité face à la maladie, renonçant à la vivre tel un handicap stérile ou simplement invalidant, refusant la mise en balance d'une immobilisation, nécessaire au corps, avec des impératifs socio-économiques, les aspects essentiels d'une perte de l'équilibre de santé se sont imposés conjointement à la perception différente que j'avais de la maladie.
La presque totalité des médecines différentes de la médecine occidentale classique, quand bien même cette dernière parle de biorythmes, assoie sa philosophie sur des notions de rythmes et d'équilibres, associées à une notion plus vaste de dynamisme vital ou d'énergie. Ces mêmes médecines ont toutes mise en pratique une introspection des mécanismes internes au moyen de l'observation de certaines extrémités du corps, au travers d'une mise en relation des mécanismes profonds de gestion des équilibres et des rythmes avec une partie anatomique accessible, externe, y déterminant des somatotopies.
Oreilles, yeux, mains et pieds ont fait l'objet de cartographies permettant au thérapeute, tant l'accès à une information du trouble que la possibilité d'une action de rééquilibration, de soins. Ces extrémités corporelles se trouvent donc être en lien avec la profondeur, permettant la réception d'une information diagnostique ainsi que l'envoie d'une information thérapeutique.
L'homéopathie a, pour sa part, choisi comme moyen d'investigation relationnel de la surface à la profondeur, les réactions, au travers de leurs modalités, intensités et localisations, et des points cutanés, dits points de Weihe, dont la palpation douloureuse permet d'orienter ou de confirmer tel ou tel remède. Vous comprendrez plus loin pourquoi et comment comprendre l'aspect relationnel sous sa manifestation réactionnelle.
Ainsi en est-il aussi des dents, pour lesquelles une cartographie corporelle et énergétique existe. Comment pourrait-il en être autrement? Les dents, à l'image des autres extrémités invoquées, remplissent un rôle de même importance: la mise en relation de l'individu dans un axe particulier. Nous verrons que la cavité buccale, en comparaison des mains et des pieds, présente une particularité extraordinaire. Mais décrivons plus avant l'aspect relationnel de l'être humain.


I) L'homme relationnel.

Sous l'aspect le plus large, l'homme peut être présenté comme susceptible de se mettre en relation selon plusieurs axes, axes englobant l'ensemble des possibilités offertes pour exprimer la vie. Dès à présent, il convient d'admettre que l'expression de la vie ne se limite pas à son aspect matériel. Il ne s'agit pas de l'admettre par docilité, mais de trouver une acceptation sincère, parce que cela ressemble à une certitude que l'on a, ou à une évidence.
L'approche de la matière par la spectrophotographie de Kirlian, par l'appareil de Morathérapie, l'approche de l'être humain par l'acupuncture ou l'homéopathie, mais aussi l'approche de la matière par la chimie, qui, dans l'analyse qu'elle nous donne des interactions matière-matière, montre l'obligation d'un dégagement ou d'une consommation d'énergie, tous ces angles d'approche de la matière physique, et bien d'autres encore, tendent et participent à la culture de cette évidence: la vie n'est pas que matière, elle est aussi énergie.
Ceci étant fait, on peut maintenant comprendre, ou du moins admettre, qu'il existe plusieurs niveaux relationnels dans lesquels l'homme va exprimer son dynamisme vital, dans lesquels les échanges sont opérants, et donc une certaine acceptation de la croissance possible. La mise en relation suppose que l'on donne quelque chose de soi, pour ne pas dire à soi qui implicitement nous fait envisager un bien matériel, et que l'on soit capable de recevoir une information extérieure à notre structure, qu'elle soit là encore, physique ou subtile. On retrouve là l'expression de la sagesse orientale au travers de cette phrase: la vie aime remplir ce qui est vide, et vider ce qui est plein.
Exprimant à merveille la notion d'équilibre, il est alors normal de s'attendre à découvrir également une notion de rythmes. Car si rythmes et équilibres sont évidents à quiconque observe la nature, pourquoi séparer l'homme de cet univers et le présupposer cas particulier? Plus large que la notion de biorythme, qui semble être l'étude des rythmes internes à l'unique dimension matérielle, physique de l'être humain, il n'en demeure pas moins vrai qu'aucun rythme ne peut être envisagé séparément de ceux des autres niveaux. Nous verrons plus loin pourquoi. Mais la première notion de rythme à intégrer est celle qui s'applique à la succession d'occurrence des différents axes relationnels. Lorsque la réalité de cette notion d'axes relationnels vous sera acquise, vous découvrirez que cette dynamique relationnelle est animée d'une rythmique autonome et qu'il est important de se mettre en phase avec ce tempo afin que notre attitude corresponde avec l'axe que choisit notre dynamique intérieure pour se manifester à l'instant considéré.

Les cinq axes relationnels.

L'homme, tout au long de la journée, va entrer en relation avec:
- la matière, que représente la Terre, mais qui s'entend aussi sous le sens de réalité concrète, expression indéniable autant que certaine;
- les autres, que sont tous ces individus que l'on côtoie par envie ou nécessité, mais aussi tout ceux que l'on croise dans l'indifférence;
- le ciel, entendu ici dans le sens de voûte céleste, de cosmos, bref tout ce qui est au-dessus de nos têtes, matière autant que vibration, poussière autant que néant;
- soi, cet ami que l'on oubli si souvent, que l'on méconnaît, dont on se détourne ou que l'on ignore;
- et pour finir, ce que je nommerai Dieu, ce que les uns aiment à nommer la dimension spirituelle, ce que d'autres préfèrent appeler Mystère, et ce que d'autres encore ressentent en cet espace intérieur, là où résonne la beauté, cette beauté, souvent paysage ou spectacle naturel, face à laquelle nous n'avons plus d'adjectif parce que ce que nous ressentons semble sans nom.
Ces cinq axes sont universels, incontournables. Au-delà des mots choisis pour les décrire, il est important de les reconnaître au travers de nos occupations quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles. Il est important aussi de reconnaître les manques, les oublis ou les refus. Dans l'exposé que j'ai choisi de faire, dans le lien que je ressens et que je vois s'exprimer chaque jour, au travers de mes patients comme au travers de ma propre expérience individuelle, de l'acceptation de toutes les facettes de chaque axe relationnel, de la reconnaissance de ce qui peut s'appeler une pathologie relationnelle, de l'acceptation d'une impossibilité, d'une rupture ou d'une scission dans l'une de ces cinq directions, de cet ensemble seulement peuvent ressortir les raisons obscures d'une perte de l'équilibre de santé.

L'évidence relationnelle.

La relation peut être ressentie comme une mise en contact avec quelqu'un ou quelque chose, accompagnée d'un échange, unidirectionnel ou réciproque. La relation peut être physique, émotionnelle, sentimentale, idéaliste, (par la pensée) ou spirituelle. Mais quelle qu'elle soit, la relation aboutit à une information qui s'inscrit dans la matière palpable de notre corps physique. Que le support de cette relation soit la matière (nourriture, relation charnelle), le verbe, silencieux ou exprimé, ou la lumière, (spectacle naturel ou autre), l'objet de notre relation et nous-mêmes, origine de la relation, échangeons une information subtile qui va obligatoirement s'inscrire dans notre corps physique, véritable mémoire de notre vie.
Nous pouvons facilement nous remémorer des moments où une rencontre surprenante a été manifestement ressentie dans notre chaire, mais la plupart du temps nous ne prêtons pas attention aux messages ou réactions de notre corps. C'est pourtant l'axe relationnel primordial que nous devrions enrichir et alimenter de notre présence: la relation à soi, relation pour laquelle notre corps est le meilleur vaisseau, le plus sûr outil. Elle seule peut garantir la plénitude des autres relations. Seule sa plénitude va assurer la plénitude des autres axes, l'authenticité de notre activité relationnelle, sa sincérité et sa vérité. Car comment prétendre vivre une relation pleine avec autrui si je suis moi-même vide, parce que non rempli par ma propre relation?
La relation à soi se présente ainsi comme le véritable carrefour obligatoire avant l'engagement dans une des autres directions relationnelles. Loin de prétendre que sans cela, une relation engagée n'a pas de sens, vous comprendrez, au fil de l'exposé, je l'espère, que sans ce préalable, il n'y a qu'une partie de vous qui s'engage, et que le reste est totalement obscur, inconscient, à la fois refuge et otage de nos peurs, manques et attentes, teintant la plus belle relation de la couleur sombre de nos zones obscures. Autant de fois que nous avons juré notre engagement relationnel sincère, autant de fois nous n'avons pas eu connaissance de l'ensemble de ce qui s'engage dans un tel acte, et autant de fois notre relation a manqué d'intégrité et d'authenticité. Au pire, nous n'engagions qu'une infime partie de nous, le reste étant délaissé, inconnu ou non considéré. Et pourtant…

La dualité de la relation.

Etonnamment, c'est au travers d'études de la matière que nous trouvons les fondements même de la notion dualiste de la relation, celle que nous tentons ici d'établir comme support et fondement de la nature essentielle de la vie. Une fois encore, c'est au travers d'extraits du livre de J.-M. Danze, "Le système Mora" aux éd. Encre, que nous allons pouvoir toucher du doigt cette évidence. L'incrustation de cet extrait a pour objectif de souligner l'aspect dualiste dont je parle. La matière physique, palpable, notre corps en l'occurrence, est le réceptacle sur terre de l'ensemble de notre structure subtile. Sans lui, notre lien à la matière, dans le sens d'un lien actif, constructif, n'est pas possible. Trop souvent, la découverte de notre dimension subtile nous pousse à le quitter, à le négliger, préférant les promesses illusoires que nous voulons trouver dans la subtilité de la vie. Ce serait perdre de vue notre responsabilité d'habitant de la terre, ce serait se réfugier dans des nimbes nébuleuses et dangereuses afin d'échapper à ces responsabilités.
Car découvrir que la vie est relation, que cette donnée est universelle, incontournable, doit en premier réveiller en nous notre sens de la responsabilité. Car même si l'un ou plusieurs des axes relationnels nous est inconnu dans son occurrence, il n'en demeure pas moins qu'il est ou qu'ils sont actifs, même si on l'a ou les a délaissés. De ce fait, même si l'on s'en défend, même si elle est engagée face au vide de la relation, notre responsabilité humaine est engagée. De cette notion de responsabilité doit alors naître notre désir d'engagement. Car ne pas s'occuper de quelque chose qui nous appartient en responsabilité, nous expose à découvrir un jour des préjudices imputables à notre absence, notre désertion. Et quand bien même on serait tenté de dire "je n'ai rien fait!", c'est justement de ce rien que nous serions responsables.
C'est comme si, en naissant, on vous aviez été institué responsable d'un jardin fleuri, harmonieux, et qu'à votre départ, on vous demande des comptes pour un massif de fleurs fanées. Cette petite tache ne sera peut-être pas dramatique, mais elle aura rompu l'harmonie. Et si dans chaque jardin mitoyen, les jardiniers font de même, vu d'en haut, ce sera un patchwork de taches disgracieux! Et peut-être une espèce entière de fleur vouée à disparaître…

Revenons maintenant à notre exposé et à l'extrait du livre proposé. Après nous avoir méthodiquement amené du modèle de circuit oscillant à celui des émetteurs-récepteurs radio, citant de nombreux travaux récompensés par de hautes distinctions scientifiques (référencés en bibliographie), voilà ce que l'auteur nous propose de lire:
" … le simple fait dans un organisme d'amener une molécule complexe d'un état de repos à l'état excité pour la préparer à entrer en réaction est un phénomène de chimie quantique qui peut être commandé par un flux d'ondes ambiantes.
Certains électrons de la molécule vont passer ainsi du niveau fondamental vers un niveau excité en absorbant un quantum d'énergie. Ce quantum s'apporte sous la forme d'un photon. …
La physique moderne montre qu'il existe des photons de toutes fréquences; originellement, Planck n'attribuait les photons qu'aux ondes lumineuses, mais aujourd'hui on admet physiquement des photons d'ondes électromagnétiques de toutes fréquences, même très basses.
C'est à partir de ce concept photonique, que nous pouvons comprendre la relation d'ouverture des êtres vivants vis-à-vis de l'environnement cosmotellurique, et c'est là que sont les clés de la chronobiologie. …
F.A. Popp dans ses remarquables travaux montre que toutes les cellules vivantes captent ou émettent constamment de la lumière. On attendrait que ce phénomène se limite aux cellules cutanées et pourtant, même les cellules de foie, de poumon, de rein, de pancréas ont cette curieuse propriété. Il a également montré que cette luminescence cellulaire n'est pas liée à certains phénomènes fortuits de réactions chimiques photo-luminescentes. La multiplication cellulaire est en corrélation avec ces émissions lumineuses. Lorsque les cellules meurent, cette émission disparaît rapidement. Mais ce qui est remarquable, c'est que des colonies cellulaires, cultivées dans un milieu adéquat, répondent à un empoisonnement ou à un rayonnement nocif (ionisant) par une émission brutale, explosive juste avant de mourir. Les cellules ne meurent pas l'une après l'autre, mais toutes ensemble.
F.A. Popp a montré qu'il existe entre les cellules semblables une coopération qui ne peut être obtenue que grâce à un " langage intercellulaire ". Il a démontré de façon indiscutable que la " lumière cellulaire " est cohérente (i.e. de type laser) même si son intensité est extrêmement faible, et que l'A.D.N. est le siège de ces phénomènes lumineux. … si nous regardons l'A.D.N. avec les yeux d'un électronicien, nous y trouvons la structure d'une antenne dont tous les segments s'alignent selon des angles particuliers et avec des longueurs bien définies. Cette antenne est parfaitement adaptée pour capter et émettre également certaines fréquences différentes des fréquences lumineuses.
Les photons lumineux, explique Popp, sont absorbés par la structure en double hélice où ils réalisent la stabilité énergétique du système grâce à des résonances quantiques… Si la stabilité de l'A.D.N. est assurée par ces échanges photoniques lumineux et ultraviolets, il existe au sein de l'organisme des fréquences beaucoup plus basses, allant des fréquences extrêmement basses (E.L.F.) jusqu'à l'infrarouge, qui véhiculent la plupart des informations gérant les relations intercellulaires et interorganiques. … "
Il serait trop long de continuer, mais l'ensemble de l'œuvre explique à merveille l'activité informative véhiculée par l'électromagnétisme. Le corps physique entier est en relation par ces mécanismes. Ils sont indissociables de la notion même de vie, laquelle ne saurait s'exprimer sans échanges, sans relations.
On peut dès lors se permettre l'ouverture la plus large face à l'homéopathie, dont les détracteurs clament que sans trace de matière, rien n'est possible. Même si le " comment " peut accepter de se laisser classer dans la rubrique inconnue, il devient néanmoins frauduleux, tout au moins de mauvaise foi, de prétendre sur le simple argument qu'au-delà d'une 12CH il n'y a plus rien qui puisse soigner, parce que nous sommes au-delà du nombre d'Avogadro, que l'homéopathie est du charlatanisme.
Voilà donc que même au sein de la matière, au niveau de ses éléments ultimes ou primordiaux, la relation a lieu sous la forme d'échanges d'information quantiques. La matière, le corps humain en particulier, est donc bien le réceptacle d'une vie subtile. Il en est l'expression en même temps que le théâtre. Il est à la fois le décors et l'acteur, la source et l'océan, la fleur et le jardinier. Il est la mise en forme du "je suis" sans y être identifié. Il n'est pas nécessaire, mais il est cependant suffisant. Il est un peu l'illustration parfaite de cette phrase: "Dieu seul se suffit à lui-même, mais il préfère compter sur nous."
Cette entrée en matière n'a pour autre but que de vous permettre de vous ouvrir à la notion de relation, quand bien même elle se réalise sans support physique (et encore, apparemment…). Dans chaque axe relationnel évoqué, il n'y en a pas un qui ne provoque une réaction physique, une sensation, une modification perceptible à nos sens communs. La confusion vient du fait que si une modification émotionnelle est facilement perceptible, il y a un décalage entre cette vibration intérieure et son inscription physique (cela dans les cas d'une émotion douce, par opposition à violente). Vous pouvez tout à loisir et au secret de votre laboratoire intérieur, mesurer les effets des émotions fortes sur votre équilibre physiologique. Vous pouvez aussi rechercher les modifications induites par des émotions plus douces passées souvent inaperçue, ainsi que les effets de vos réactions émotionnelles, bien plus souvent manifestes. (Si vous ne comprenez pas la différence, reportez vous aux écrits de l'introduction : " au dedans de l'émotion ".)
Que la vie s'exprime par la mise en relation devrait maintenant vous être acquis. Que l'ensemble des relations au long d'une vie s'inscrit dans cinq grands axes peut encore vous heurter. Mais pour l'instant, gardez ceci comme votre réalité et laissez-vous porter un peu plus loin.
Quelle que soit votre acceptation personnelle de l'esprit, de l'âme et de ce qui se manifeste sous le terme de " je suis ", reconnaissez pour l'instant que ceci n'existe sur terre que grâce à un corps physique, lien incontournable entre " cela " et la réalité matérielle. Ce corps est votre hôte, et il permet à ce " je suis " de s'exprimer sur terre. Il est votre moyen, votre véhicule. Vous allez découvrir qu'il peut aussi être considéré comme un repère, un témoin de concordance entre ce " je suis " et ce que vous laissez paraître effectivement. Comme s'il existait un être existentiel et un être intérieur, malheureusement souvent différents, parfois opposés, parfois coupés l'un de l'autre, souvent éloignés, alors que l'un ne peut exister sans l'autre. Intéressons-nous maintenant à ce véhicule et ce miroir d'expression qu'est le corps physique, ainsi qu'aux moyens dont il dispose pour permettre la relation, la rendre vivante, et en recevoir les échanges.

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