II) Les connexions informatives du niveau physique.

a./ L'information alimentaire.

Je vais rapidement passer sur cette notion, d'une part parce que l'étude des équilibres nutritionnels n'est pas le propos de cet exposé, d'autre part parce que d'autres que moi sont bien plus doctes en la matière. Cependant, parce que la nourriture, l'alimentation de notre corps est un acte relationnel, et parce que cette relation fait intervenir la cavité buccale, je ne peux et ne saurait m'y soustraire.
Mais si je ne m'attarderai pas sur l'aspect physique de l'alimentation, je profiterai néanmoins de cette activité nécessaire pour introduire des notions universelles à tout acte relationnel. Ainsi, dans toute relation, on peut se poser la question de ce que l'individu recherche, (autrement dit ce qu'il en attend, ce qu'il en espère), de la façon dont il va y pourvoir, ce qui pousse à un choix, et de l'acte qu'il va engager, ce qui mène à la notion de mise en forme de l'acte relationnel. L'alimentation est ici bienvenue, car elle va nous permettre une compréhension des notions de base de la relation et de ses multiples facettes. Focalisons donc bien notre esprit sur le fait qu'il s'agit d'alimentation.
La faim, qui est le déclencheur de la recherche de nourriture, va être ressentie au niveau physique. Peu de gens prennent le temps de se tourner vers cette sensation, trouvant normal d'avoir faim en fonction de l'heure à laquelle cela survient, ne vérifiant même pas qu'effectivement quelque chose survient. Beaucoup même vont manger parce qu'il est midi, ou sept-huit heures, sans vraiment se connecter en eux, à la perception de la faim. Or, la faim, d'un point de vue purement descriptif, est un besoin de l'organisme, se manifestant par des sensations physiques. D'autre part, sans relation consciente à ce besoin, lorsqu'il se manifeste, je dis qu'il n'est pas possible de savoir comment répondre de manière juste à ce besoin.
Un exemple: souvent, lorsque nous sommes au restaurant, nous parcourons la carte à la recherche soit de quelque chose qui nous fasse envie, soit de quelque chose qui va nous tenter, soit d'un plat nous rappelant un souvenir, ou encore selon des mécanismes plus complexes, sans oublier le "choisissez pour moi!"… Combien d'entre nous commencent par aller voir dans leur corps si celui-ci manifeste son besoin de manger, et si oui, de quoi notre corps a besoin?
A un niveau plus loin, si cette relation au besoin de faim et donc à la nourriture ne s'est pas faite avant d'entrer dans le restaurant, comment pouvons-nous être sûrs d'y trouver ce dont nous avons besoin? Le choix s'est fait sur des notions d'esthétique, de renommée, ou selon la décision de celui qui mène le groupe! Notre corps pouvait avoir manifesté, car il le fait toujours, le besoin d'une telle sorte d'aliment, comme du poisson, des salades ou n'importe quoi d'autre, et nous nous retrouvons attablés dans un lieu totalement différent de la nature de notre besoin.
La relation alimentaire se fait, par habitude, selon des envies et des désirs. Or, quand nous avons vraiment faim, quand notre corps le manifeste, il y a toujours un message concomitant apportant avec lui une précision sur la nature intime de ce besoin. (Certains ont développé l'instinctothérapie. Si l'accompagnateur n'est pas à même d'aider les gens à discerner le besoin de l'envie, le besoin du désir, le besoin de l'habitude, alors l'instinct peut être lui-même relié à un niveau erroné par rapport à sa fonction première. L'instinct fait parti de notre héritage d'être incarné, il est véhiculé par nos racines ancestrales. Combien d'entre nous y sont encore reliés?) Cela vient justement du fait que l'alimentation, outre un apport matériel, véhicule une information subtile. Ceux qui ont eu l'occasion de voir des images de cristallisation sensible, savent la différence qu'il peut y avoir, à ce niveau là, entre un aliment industriel et un aliment naturel, entre une plante forcée et la même plante cultivée naturellement. Pourquoi, ce qui est évident pour l'être humain, à savoir une dimension physique et une autre subtile, serait différent pour la base même de la création?
Intéressons-nous donc à cet aspect. Si la dimension subtile de l'ensemble de la création s'impose, (pour les plus sceptiques, au moins comme hypothèse jusqu'à preuve du contraire), si certaines techniques peuvent nous en donner une image évocatrice, comment renoncer à l'espoir qu'il existe en nous un centre de relation à cette dimension? Comment ne pas espérer que la nature n'ait su prévoir un mode relationnel pour que chaque élément de la création puisse entrer en relation par ce biais avec un autre?
C'est à la recherche de ce phénomène que se révèlent des aspects nouveaux de l'être humain, des facettes cachées, des moyens occultés. Peut-être aurais-je l'occasion d'en parler plus loin.
L'alimentation ne se limite donc pas à fournir des lipides, des glucides et des protides à notre organisme, quand bien même nous ne saurions vivre sans cet apport. Il n'est pas question, et je le redis, ne négliger l'aspect matériel sous prétexte de la découverte d'un niveau subtil. (rappelons pour mémoire l'existence des acides animés, ceux-là même que l'on nomme "essentiels", indispensables à la vie organique, et dont la source se situe dans l'alimentation, car ne pouvant être synthétisés par notre organisme.) Des siècles passés à ignorer ce niveau ne sauraient, d'une part, justifier que l'on sombre dans l'autre extrême, et d'autre part, n'ont empêcher cette réalité d'exister, de se manifester en nous. Cette manifestation aura été totalement inconsciente, mais néanmoins réelle. Le travail à accomplir réside dans la prise de conscience de ce niveau d'expression de la vie, et non dans l'acte de se livrer à ce qui reste par trop une nébuleuse tentante.
J'ai donné beaucoup d'exemples d'approche de cette réalité, que ce soit à travers l'homéopathie et les écrits de Hahnemann, au travers de l'acupuncture ou des écrits de F.A. Popp. Tous nous montrent ce lien indiscutable et cette union sans faille entre matière et vibration. A nous d'en comprendre toute la portée et de mettre cette compréhension au service certes de la santé, mais avant tout au service de la vie et non de certain côtés égoïstes dont nous savons être si promptement le porte-parole.
Et si l'alimentation à une fonction informative subtile, vibratoire, alors nous devons nous efforcer d'en comprendre les motifs et les raisons, autant que les buts et les moyens de transmission. Pour ce dernier aspect, l'utilisation préconisée de l'homéopathie par son fondateur,(laisser fondre le granulé sous la langue), semble indiquer qu'il existe en bouche un système récepteur-transmetteur, qui assure l'assimilation au niveau de notre sphère vibratoire de cette information. Les travaux du Pr. Rocard, de Mesmer, de Lakovski et de bien d'autres, ont montré l'existence de structures internes à l'organisme capables de recevoir, dans le sens de capter, donc de transmettre, les informations d'ordre magnétique issu de l'environnement cosmotellurique. Une fois de plus, comment en sommes nous arrivés à imaginer que l'homme, issu du même protocole de création que l'ensemble de la nature, ait pu à un moment de son évolution être scindé de ce tout? Comment une nature par ailleurs si parfaite dans ses équilibres et ses liens entre tous ses niveaux et ses occupants, comment une telle nature aurait pu laisser évoluer un de ses occupants, au demeurant résultat de sa propre croissance, en le laissant se placer en-dehors de ses moyens de communications et de relations si manifestement parfaits partout ailleurs? Ainsi suis-je persuadé que l'homme dispose en lui de l'ensemble des structures nécessaire à le maintenir en relation avec ce tout dont il se sent par ailleurs si distinct. Sa grande distinction est son activité mentale, celle qui par maintes réflexions a fini par lui faire croire qu'il était fruit du hasard et que ce hasard l'avait placé sur terre dans une classe à part. La nature est trop souvent ennemie ou gêne, et trop souvent aussi ses richesses sont épuisées et meurtries pour un profit si éphémère à l'échelle de la vie de la planète.
Beaucoup de recherches en nutrition se font sur un équilibre des constituants de la matière alimentaire. Peu, pour ne pas dire aucune, n'est menée sur le sens de la nutrition, sur sa place, sa fonction profonde et l'ensemble des liens qu'elle engage dans notre système relationnel. Comment recevoir de cette source l'ensemble de ses capacités nutritives si nous ne savons l'accueillir autrement qu'avec tant d'inconscience? Comment recevoir de notre terre l'ensemble de ce qu'elle attend de nous donner, si nous ne cherchons autre chose qu'un assemblage intellectuellement calculé de nutriments, de protides, de lipides et de glucides, calculs élaborés sur une approche restrictive de la notion de vie? Comment espérer retrouver dans nos aliments l'âme de notre planète si nous lui extorquons ses fruits avec avidité et sans conscience? Comment avoir autre chose dans notre bouche que des aliments sans vie si nous lui en donnons nous-mêmes si peu?
Car matière et vibratoire sont les deux aspects d'une même réalité: la vie. Ils sont aussi indissociables que le jour l'est de la nuit. Et cependant, nous pouvons ressentir un trouble justifié face à ces patients ou ces gens qui, alors qu'ils se nourrissent d'aliments biologiques, ne cessent d'être malades ou fatigués. Nous pouvons ressentir ce même trouble face à ces enfants qui, bien que ne mangeant jamais de sucreries et se brossant les dents, ont des caries. Ce même trouble encore face à ceux qui, menant une vie pouvant être admise comme saine de l'extérieur, sombrent dans des maladies dégénératives et destructrices. Quelle en est la raison? Quel en est le sens? Où pouvons-nous trouver réponse si ce n'est dans la compréhension de ce qui sous-tend chaque instant de notre existence et que je nomme ici "relation"? Et comment comprendre nos actes autrement qu'en recherchant à l'intérieur de nous les motifs et les motivations à nos manquements relationnels et des noms à nos souffrances cachées?
De mon expérience et de mes observations, tant de moi-même que du malheur des autres, je peux dire que le sucre n'est pas plus responsable des caries que ne l'est le microbe de la mère dans la carie de son enfant, ainsi que l'on tente de nous le faire croire. Ce qui cause dommage à l'énergie de vie, à l'équilibre de santé réside dans ce que le sucre est sensé venir combler comme manque, à la fois chez l'enfant qui veut combler un vide, et chez le parent qui lui achète ses sucreries ne sachant, ne voulant ou ne pouvant lui donner ce qu'il aimerait tant savoir trouver en lui: amour, tendresse, douceur, compassion et que sais-je encore. Et parce que le corps ne ment jamais, parce qu'on ne peut mentir à son corps, parce que notre corps est avant tout un merveilleux témoin de notre chemin de vie autant qu'un merveilleux vaisseau pour la traverser, il tente de nous informer de ces troubles occultes, refoulés et inaccessibles en nous, au niveau de conscience où nous nous maintenons. Sucre et sucreries causent des troublent, mais à l'intérieur de l'organisme. L'extraordinaire quantité d'énergie qu'ils dégagent lors de leur digestion vient illuminer de son feu d'artifice illusoire la nuit ténébreuse dans laquelle notre vie intérieure est plongée par manque d'intérêt, par manque de relation. Comme toutes ces manies alimentaires dont nous ne pouvons plus nous passer, comme tout ce qui se porte à la bouche et vient déposer sur nos manques et notre souffrance un voile satisfaisant mais illusoire, pourtant indispensable à la fausse tranquillité de notre intellect, à notre refus de responsabilité face à nos émotions, première porte qui nous ouvre à notre vie intérieure. Mais cela est tellement mal séant de manifester une émotion, tellement dérangeant de laisser s'exprimer notre vérité quand elle se manifeste de toute évidence à contre-pied de ce que nous avons voulu faire de la vie, du cadre stricte que nous avons voulu lui imposer!
Voilà tout ce que véhicule et tout ce que vient toucher le niveau vibratoire de l'alimentation, voilà tout ce dont nous nous privons, en faisant de l'acte d'alimentation, du temps perdu et de ne voir en lui qu'une sorte d'esclavage issu de notre condition humaine. La nourriture, issue de la terre, vient nous apporter beaucoup plus que ce à quoi nous l'avons réduite par ignorance ou par facilité, par confort aussi. Elle est notre lien indéfectible à la matière et à sa vibration, tout deux chargés des messages de la vie à notre intention, de sa volonté de nous faire évoluer, non pas en force mais en sagesse.
Manques, besoins, souffrances, attentes, envies, désirs, soumission aux autres et à leurs décisions, refus et fuites, responsabilités et engagement, autant d'aspect de la relation que la nourriture seule nous a permis d'effleurer. Autant d'aspects qui retrouvent leur place dans les autres facettes et axes de la relation de l'homme.

b./ L'information terrestre.

Nous venons de voir que l'homme, habitant de la planète terre, de par sa nature, est soumis au besoin d'alimentation. Pour subvenir à ce besoin, il retire de la terre sa production dont il fait sa source alimentaire. Cette ressource est elle-même le produit des actions combinées de la terre, de l'eau, du feu (le soleil) et de l'air, apportant à notre architecture intime son information lumineuse, pour rester en accord sémantique avec les travaux de Popp mentionnés plus haut. J'ai tenté de vous faire ressentir que la relation alimentaire nous met au contact de tout cela à la fois, qu'elle se fait donc à un niveau matériel et subtil. (La première conclusion évidente qui s'impose dès lors, est qu'il est temps de nous pencher avec discernement sur la nature de ce qu'on nous propose pour répondre à notre besoin de nourriture alimentaire. Les écrits de Popp sur la nature et le rôle de l'ADN, devraient enfin mettre un terme aux discussions sur les OGM! Qui mieux que la nature sait ce qu'il convient d'y écrire et comment pouvons-nous prétendre savoir ce que nous faisons, avec des techniques si jeunes, en changeant ce que la nature a mis 70 millions d'années à régler…)
L'homme est debout sur la surface de la planète terre. Il entre en relation avec sa surface et son sol, mais aussi son sous-sol, par ses pieds. Depuis longtemps, il est affirmé que l'homme dispose dans ses pieds, au niveau des talons, de récepteurs magnétiques, qui informent sa structure subtile sur la vie magnétique du sol qu'il foule. Mais là n'est pas le sujet de notre étude. Ce qui nous intéresse par contre, et dans un premier temps, c'est de considérer les pieds comme des informateurs d'horizontalité, information toute physique.
La colonne vertébrale est posée sur le sacrum, lui-même relié au bassin, lequel est à son tour posé sur nos deux jambes. Dans l'autre sens, on peut considérer qu'il y a deux tiges de même longueur, (normalement), supportant une structure adaptative, capable, tel le fléau d'une balance, de s'adapter à un changement d'appui et de transmettre cette information, via deux articulations sacro-iliaques et une structure musculaire bilatérale et symétrique, à un axe qui recherche la verticalité, mais constitué de 24 éléments indépendants et eux-mêmes mobiles par rapport à leurs voisins.
En fait, c'est bien dans ce sens que se véhicule l'information primaire. A l'image de l'arbre, nous pouvons considérer nos jambes et nos pieds comme nos racines, véhiculant une information ascendante et nourricière. Nos pieds sont ainsi extrémités relationnelles à la structure physique de la terre. Ils vont prendre place dans notre schéma relationnel de l'homme en tant que support, (pour ne pas dire symbole), matériel de notre axe relationnel à la matière, la terre, la réalité. Ils vont nourrir notre aspect physique, même si une fois encore, cette nourriture est elle aussi bivalente: physique et subtile. Mais intéressons-nous au seul niveau physique dans un premier temps.
Le premier aspect du réglage musculaire de la verticalité, comparable à l'ensemble des haubans d'un voilier, va agir par un équilibre de tension afin que notre centre de gravité reste situé sur la ligne médiane de notre corps, assurant ainsi le maintien de notre équilibre. De manière entièrement autonome, non consciente, la musculature adapte ses tensions dans cet objectif seul. Qu'un accident ou une hérédité viennent perturber l'égalité de longueur de nos jambes, et c'est l'ensemble de notre structure osseuse, via l'information musculaire, qui va s'adapter dans l'unique but de nous maintenir en équilibre dans la recherche de verticalité. Nous ne nous intéressons pour l'instant qu'à l'aspect ascendant de cette information.
La verticalité, qu'elle soit nécessaire ou secondaire à notre condition humaine, n'est pas elle-même sans objectif. Passant outre les avantages physiques d'une telle domination des événements, prenons simplement conscience que le dégagement de liberté effectué au niveau des extrémités des membres supérieurs, dispensés ainsi du besoin de locomotion, a permis le développement de la relation aux autres et à la matière, non sous un aspect réceptif mais actif. Les mains, dans une fonction de relation à la matière, sont impliquées dans la mise en forme de celle-ci, non dans le recevoir. Mais nous y reviendrons plus loin.
La verticalité donc, trouve une fonction, et par là un sens, propres à notre condition humaine. La colonne vertébrale, qui peut se comparer au tronc de l'arbre, est le lieu de circulation d'une énergie, informative, nourricière et pleinement relationnelle, qui va se faire dans les deux sens: du bas vers le haut, et du haut vers le bas. Maintes traditions placent l'homme entre terre et ciel, véritable trait d'union entre ces deux dimensions. Mais si cette place ne doit se limiter à une description géographique de la situation de l'homme, c'est bien parce qu'il est assujetti, parce que sensible, parce que réceptif, parce que nourri aussi, aux énergies véhiculées par ces deux systèmes. La colonne est alors considérée comme le tuyau d'écoulement de cette nourriture, de cette information, et qu'elle est également le passage de l'émission de l'homme vers son milieu.
Ainsi donc, si le besoin de verticalité doit être entendu sous son aspect de nécessité physique, il doit également être entendu dans le fait qu'il est une optimisation du flux qui y circule. Nous savons bien que l'eau circule au mieux dans un tuyau sans coude et sans nœud. Ainsi en est-il de l'énergie dans notre colonne. L'approche ostéopathique nous révèle l'aspect physique de cette circulation, mouvement de flux et de reflux, appelé respiration primaire, nous menant à accepter que ce mouvement matériel palpable par des doigts initiés, soit doublé de son image subtile, ainsi que nous pouvons, là où nous en sommes de notre exposé, le pressentir.
Ainsi donc, la verticalité parfaite nécessite-t-elle une information équilibrée de l'horizontalité, celle dont nous informent nos deux extrémités relationnelles plantaires. Des pieds bien posés sur le sol, positionnant le bassin dans une horizontalité parfaite, adaptée à la verticalité de la colonne dont notre organisme, notre être physique autant que subtil, a besoin.
Cependant, et à l'instar de ce que nous avons pu découvrir au travers de l'alimentation, ce contact, quand bien même il est parfaitement réalisé dans les apparences au niveau physique, n'équivaut pas, de manière nécessaire et suffisante, à une ouverture à la nourriture terrestre. Les mêmes impératifs relationnels énoncés et décrits pour la relation alimentaire, retrouvent ici place et fonctions. Etre debout sur la terre en pleine possession de ses moyens physiques, ne laisse en rien augurer de l'ouverture à la relation subtile. Or, nous pouvons le comprendre maintenant, cette relation, cette nourriture, cette information, est nécessaire et vitale. Comment donc saurions-nous être sensibles aux modifications géologiques si nous n'avions une connexion informative à cette réalité?
L'élément déterminant pour la compréhension de cette dimension informative, du rôle relationnel incarné par nos pieds, va alors trouver forme dans la particularité commune à chaque extrémité relationnelle: la localisation, au niveau des pieds, d'un ensemble de somatotopies et de points d'acupuncture, capables et destinés à relier notre profondeur, à tout ses niveaux, à la vie extérieure. Toutes les médecines ancestrales et traditionnelles, ont établi ce type de cartographies. Chacune, en fonction et nourrie par sa spécificité culturelle, par sa sensibilité propre, a eu accès à un niveau de contact. Ainsi, qu'elle soit chinoise, ayur-védique, tibétaine, indienne ou hindous ou toute autre, ayant cependant toutes en commun la particularité de n'avoir jamais été séparées de la dimension spirituelle de l'homme, ainsi que le fut la médecine Hippocratique, toutes ont décrit cette relation entre les pieds et la profondeur de l'architecture humaine, entre la terre et l'âme. Et toutes ont établi, outre au niveau des pieds, des correspondances entre une ou plusieurs extrémités et le reste de l'organisation de l'être humain.
Que ce soit par la pression de certains points, pas seulement pour l'acupuncture, par l'examen des ongles des doigts de pieds, elles ont toutes mis à profit cette correspondance pour se donner les moyens de diagnostiquer les déséquilibres internes cause ou à l'origine des troubles physiques ou physiologiques accessibles par interrogatoire et observations. Et utilisant cette correspondance à des fins thérapeutiques, il devenait alors possible d'avoir une action rééquilibrante sur les désordres internes.
Il est intéressant de noter que ces correspondances ont toutes, à un premier niveau non symbolique, un lien purement organique, que ce soit sous une approche directe ou par le biais de l'acupuncture. Certains liens établis entre un organe et une émotion ou une réaction émotionnelle, tel que rein et peur, foie et colère ou vésicule et soucis, entre un organe et un type relationnel, rein et mère, pancréas et famille, n'offre que la possibilité de remonter de ce que l'interrogatoire va apporter au trouble associé. Il ne peut être question de désirer soigner autre chose que le niveau physique. (Nous verrons à l'occasion d'un autre chapitre l'importance des liens qui cependant existent et se tissent entre ces différents niveaux.)
Ainsi donc les pieds, en lien, en relation avec la terre et l'ensemble de ses aspects, nutritionnels, informatifs, tant structurant que positionnant, sont également relié par un système de correspondance avec nos organes, mais aussi avec notre système lymphatique et circulatoire, ainsi que respiratoire, bref avec ce premier niveau d'interface entre nous et le monde extérieur, quel que soit l'entrée considérée. Nos pieds semblent donc porteur d'un type bien défini de relation, celle que nous entretenons, peu ou prou, avec le monde réel, avec la réalité terrestre, avec notre dimension toute physique, sorte de reflet et de témoin, autant que de porte-parole et de messager, de notre engagement comme de notre responsabilité à vivre notre existence en tant qu'être incarné, avec l'ensemble des aspects que cela implique, et selon les possibilités d'acceptation de chacun. Leur rôle, leur fonction, leur sens, sont universels et non exclusifs.
L'énergie ascendante, dont la qualité va être directement en rapport avec ce que nous engageons réellement de nous dans cet axe relationnel, tel qu'il vient d'être évoqué, cette énergie va suivre un chemin de bas en haut, remontant la colonne vertébral vers les autres points de gestion des autres axes relationnels. Son importance est donc aussi évidente que n'importe quel autre axe, redonnant enfin à l'homme la sensation d'être un tout, uni dans un même rôle et responsable d'une seule et même mission: retrouver le sens profond de sa vie.
Et parce que les pieds sont nos racines, puisant dans la terre l'ensemble de sa nourriture, recevant d'elle tout ce que, par sa nature, elle sait transmettre, ils sont ce chemin incontournable que nous suivons lorsque nous partons à la recherche de nos propres racines, celles de notre passé, celui que véhicule notre hérédité, hérédité liée à notre arbre généalogique. Nos pieds et nos jambes représentent un trésor de ressources dont nous sommes trop souvent séparés, emmenés par ce tourbillon de notre vie moderne que, malgré tout , nous avons certainement demandé et attendu un jour passé… Le retour à la terre que la population ressent et manifeste de plus en plus, répond à ce manque là, à cette rupture, non pas à l'extérieur, mais à l'intérieur de nous. Heureusement, l'intelligence de la vie sait nous rendre cela, quand bien même dans notre inconscience et du fond de notre ignorance, nous croyons manquer de terre grasse et odorante, alors que nous manquons seulement de nous-mêmes…

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